La Mission d’observation électorale de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a quitté précipitamment la Guinée-Bissau ce vendredi 1ᵉʳ mars, suite à des menaces d’expulsion formulées par le président Umaro Sissoco Embaló. Dans un communiqué publié dans la matinée, l’organisation régionale a indiqué que son équipe avait dû écourter son déploiement à Bissau « en raison d’un climat d’hostilité inacceptable » de la part des autorités locales.
Initialement mandatée pour superviser le déroulement des élections législatives et municipales prévues ce mois-ci, la mission a été confrontée à des tensions croissantes avec le gouvernement. Le président Embaló, au pouvoir depuis 2020, aurait accusé la CEDEAO de « ingérence dans les affaires souveraines de l’État », exigeant le départ immédiat des observateurs. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni sur les motifs exacts de cette escalade.
La CEDEAO, qui œuvre habituellement pour la stabilité politique dans la région, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à cette situation, rappelant son « engagement en faveur d’un processus électoral transparent et pacifique ». Malgré son retrait forcé, l’organisation a appelé toutes les parties prenantes à « privilégier le dialogue et à respecter les règles démocratiques ».
Ce départ survient dans un contexte de crispations persistantes en Guinée-Bissau, marquée par des coups d’État récurrents et des crises institutionnelles. Les élections de mars 2024 sont perçues comme un test clé pour consolider la démocratie dans le pays. La communauté internationale, notamment l’Union africaine et l’ONU, suit de près les développements, redoutant de nouvelles violences post-électorales.
À ce stade, le gouvernement bissaoguinéen n’a pas officiellement commenté le retrait de la mission. Les électeurs, eux, s’interrogent sur les implications de cette crise pour la crédibilité du scrutin à venir.
La Rédaction Politique