Affaire M’mah Sylla : Des médecins condamnés à 15 ans et 20 ans de prison ferme pour viol

Plusieurs médecins ont été condamnés ce mardi 4 avril 2023 par le tribunal de première instance de Mafanco à des lourdes peines de prison « viol, avortement, risque causé à autrui et administration de substance nuisible » dans l’affaire M’mah Sylla.

Dans son verdict, le président du tribunal statuant Publiquement, Contradictoirement ce conformément à la loi a condamné Patrice LAMAH et Daniel LAMAH à 15 ans de réclusion criminelle chacun.

Quant à Sébory CISSE il écope à un an d’emprisonnement. En ce qui concerne Célestin MILLIMONO qui est en fuite, le tribunal lui a condamné à 20 ans de réclusion criminelle et décerne mandat d’arrêt contre lui.

Par ailleurs, le juge a  interdit Patrice LAMAH, Daniel LAMAH et Célestin MILLIMONO l’exercice de la médecine pendant une période de cinq ans et d’autre part, interdit à Sébory CISSE l’exercice du même droit pendant une période de trois ans.

Sur l’action civile, déclare Patrice LAMAH, Daniel LAMAH, Célestin MILLIMONO et Sébory CISSE responsables des préjudices causés par la partie civile et en conséquence, les condamne solidairement au paiement de la somme d’un milliard de francs guinéens (1.000.000.000 GNF) en faveur de Monsieur Mamadou Bhoye SYLLA à titre de dommages intérêts pour toutes causes de préjudices confondus.

À rappeler que lors de la précédente audience, le ministère public avait requis des peines allant de 10 à 20 ans de réclusion criminelle et l’interdiction de la pratique de la profession de médecine durant 5 ans.

Retour sur le cas

Mlle M’mah Sylla, âgée de 25 ans est décédée le samedi 20 novembre 2021 en Tunisie après avoir été violée quelques mois auparavant à Conakry par des médecins dans leurs cliniques. Elle a subi par la suite plusieurs interventions chirurgicales qui ont fini par fortement dégrader sa santé.

Les faits

Pour rappel, M’mah Sylla, qui se tordait de douleur, s’est rendue à la clinique Enta, afin de se faire soigner. Et c’est là qu’elle a été droguée et violée pour une première fois.

Quand elle s’est rendue dans une autre structure sanitaire pour faire une échographie, car ayant contracté une grossesse suite à sa première agression, elle a de nouveau été violée.

Par la suite, ses bourreaux ont tenté de la faire avorter. Une opération qui, malheureusement, s’est mal déroulée.

Au total, elle a dû subir six opérations à Conakry, avant qu’elle ne soit évacuée en Tunisie. Malheureusement, elle n’a pas pu survivre à la septième.

 

Kadiatou Danfakha